C'est de là que les colporteurs - en majorité des Japonais se prétendant étudiants - étaient envoyés dans différentes parties de la région. Il s'agit de gravures sur aluminium. Ces " oeuvres d'art " ont trouvé plus de 34.000 acheteurs, principalement en Basse-Autriche et à Salzbourg.
Le douanier a subodoré quelque trafic et a informé ses collègues de Linz. C'est ainsi que le pot-aux-roses a été découvert. Un des Japonais avait effectué neuf aller-retour entre l'Allemagne et l'Autriche, fraudant ainsi le fisc de près d'un million de Schillings. On a retrouvé 17.000 tableaux, représentant une valeur de 2 millions de Schillings. Un des coupables est en prison, trois autres ont été expulsés. Ils avaient sur eux des sacs en plastique contenant 210.000 Schillings. Quelques jours plus tôt, un Allemand avait été appréhendé à Scharnstein alors qu'il vendait au porte-à-porte. (l Schilling = 0,50 F environ).
Les membres de ce réseau bien organisé ont avoué faire partie de CARP (Collegiate Association for the Research of Principles), identique à 1'" Église de l'Unification ", et qui recrute en milieu étudiant. On se rappelle peut-être que les moonistes japonais financent en partie les opérations politiques de Moon aux Etats-Unis et dans le monde (CAUSA par exemple) grâce à leur adresse pour vendre au porte-à-porte toute sorte d'objets, bien au-dessus de leur valeur.
" Le groupe industriel mooniste établi en Corée, au Japon, aux États-Unis, en République fédérale d'Allemagne et en France, s'il produit des machines-outils, des dérivés du ginseng, du poisson congelé et des ordinateurs, tire en fait ses plus gros bénéfices du commerce des armes. Fournisseur officiel de l'armée coréenne et discret pourvoyeur de gouvernements " amis ". Les juntes argentine et uruguayenne, par exemple), la multinationale mooniste fabrique tout ou partie du fusil d'assaut M16 (sous licence colt), de la mitrailleuse vulcain (sans l'agrément de son inventeur, la Général Electric) et élabore des composants pour l'aéronautique militaire.
Par ailleurs, à l'abri de sa couverture non lucrative, l'Église développe ses propres activités commerciales en marge du groupe industriel qu'elle contrôle. Le " fund-raising " - la collecte de fonds - mobilise l'essentiel des activités missionnaires. Au Japon, par exemple, 3.000 revendeurs spécialement entraînés aux techniques du porte-à-porte travaillent directement pour l'Église. Ils proposent au public des objets artisanaux fabriqués dans les usines du groupe en Corée (pagodes miniatures, vases, sceaux en ivoire) et importé par une société appartenant à la Famille. Présentant ces objets comme sacrés et jouant de la superstition des Japonais, ils réalisent des bénéfices considérables. Mais au lieu de restituer ces sommes au fournisseur officiel - la société importatrice Happy World - ils reversent intégralement à l'Église, évitant ainsi l'imposition des profits. L'ensemble du dispositif est géré par un ordinateur central.
Il est pourtant des pratiques contre lesquelles les législations fiscales ne peuvent rien : chaque année, des milliers de salariés et de managers moonistes reversent à la Famille tout ou partie de leurs revenus. La somme de ces dons atteint 50 millions de dollars ".
En France, l'organisation Moon est actionnaire d'un hôtel prestigieux (château-hôtel de Bellinglise dans l'Oise), d'un château à Mauny (Seine Maritime). Le centre économique européen se trouve en Allemagne, où les responsables moonistes se réunissent régulièrement.
Parmi les entreprises importantes, rarement mentionnées jusqu'ici : Atlantic Vidéo, développée à partir d'un petit studio de production de films vidéo racheté par l'organisation Moon et confié à Jonathan Pak, fils de Bo Hi Pak. Atlantic Vidéo fournit des films à de nombreux clients, dont des stations de télévision, et même à la direction du fisc ! (IRS: " Internal Revenue Service "). Sur un ton plus polémique, nombre de publications ont essayé de faire la lumière sur les agissements souvent cachés de MM. Moon, Bo Hi Pak et quelques autres dignitaires coréens ou japonais de cette " Eglise " aux multiples activités. Tous finissent par poser les questions cruciales : quel est le véritable objectif ? D'où vient l'argent ? Et en filigrane, comment tout cela finira-t-il ?
Dans ce contexte, évidemment, on ne se demande pas ce que deviendront les militants de base qui triment depuis 15, 20 ans pour collecter les centaines de millions de dollars, de yens, de francs ou de marks pour payer tout cela, le jour où cet édifice s'écroulera... comme s'est écroulé celui du " Télévangéliste " Jim Bakker, condamné à quarante-cinq ans de prison (dont dix au moins avant qu'une libération conditionnelle puisse être demandée) ; il avait seulement escroqué ses fidèles de 158 millions de dollars en trois ans, en leur " vendant " des vacances annuelles dans un Disneyland spirituel : les immeubles n'auraient pu contenir le dixième des souscripteurs - et l'ensemble est en faillite. C'est un rude coup pour l'ensemble de la profession, qui est en déclin outre-Atlantique, alors qu'elle débute en Europe. Mais qui pense aux drames des fidèles désabusés ? Peut-être vaut-il mieux d'ailleurs que la presse à sensations ne s'intéresse pas à eux : ils ont besoin de vrais amis, non de publicité.
Les membres du Conseil d'administration de la SEGI sont deux Japonais et un Autrichien : Rudi Weber, un mooniste connu qui s'est déjà occupé du château de Bellinglise et de CAUSA, le " bras politique " et ardemment anticommuniste de l'organisation. Le château de Bellinglise, à Elincourt Ste-Marguerite (Oise) a été acheté par une des innombrables associations moonistes, une " Minority Alliance " (siège à New York, à la même adresse que l'Institut CAUSA). Des adeptes vigoureux ont beaucoup travaillé à la rénovation du château, qui abrite maintenant des séminaires d'entreprise haut de gamme, avec toutes les installations possible, mais aussi des possibilités de détente, jusqu'à un terrain de golf.
On repense alors à la participation majoritaire acquise par l'organisation Moon (sous couvert d'une société " Solamerica " dans le Trianon-Palace à Versailles (voir " L'Empire Moon " pp. 349-355).
Il s'agit de l'usine de la Panda Motors Company, présentée par Beijing comme un " projet purement américain " (par ses capitaux). En fait, il est ouvertement revendiqué par le Coréen Sun Myung Moon, chef du conglomérat économico-religieux qu'il appelle " Eglise de l'Unification ".
Au début de l'installation de Panda en (1989), il n'existait pas de relations entre la Chine et la Corée du Sud. Solution : les négociations ont été menées par le Colonel (CR) Bo Hi Pak, bras droit de Moon et l'un des rares à s'y retrouver dons le holding mooniste. Et Pak, lui a obtenu la nationalité américaine ; il apparaît nommément comme président et/ou directeur de nombreuses sociétés industrielles, commerciales ou de presse dépendant en fait directement de Moon, et financées par des sources diverses, obscures pour l'observateur, les principales paraissant bien se trouver au Japon.
Dès 1989, Li Peng, Premier ministre chinois, était venu visiter le chantier des futures usines Panda ; dans la Far Eastern Economic Review du 1er Novembre 1990, Mark Clifford relate qu'en septembre 1990, Bo Hi Pak rendait à son tour visite à Jiang Zemin, Secrétaire général du Parti communiste chinois. Pak lui assure que les projets moonistes sont exclusivement économiques. L'investissement sera de 100 millions de dollars par an (pendant 1O ans). La production sera entièrement exportée ; les profits seront réinvestis en Chine (à supposer qu'il y en ait : la plupart des entreprises de Moon perdent de l'argent - ou ont des bénéfices médiocres (Voir le tableau ci-dessous) ; officiellement du moins. Le modèle serait une version de la " Chevette " de Chevrolet.
Donc, Moon n'aurait aucune visée politique ni religieuse en Chine. Selon Mark Clifford, Pak a seulement admis : " Nous n'avons pas d'intentions politiques immédiates, (mais) je désire nettement améliorer les relations entre Corée du Sud et du Nord. La Chine a beaucoup d'importance pour la Corée du Sud, pas seulement à cause de la Corée du Nord, mais économiquement parlant ". (Lors de grèves aux usines de pièces détachées automobiles de Moon en Corée, celui-ci aurait menacé de faire fabriquer ces pièces en Chine. Il est vrai que la main-d'oeuvre y est fort bon marché et l'idée même d'une grève, inconnue !)
Trois autres usines (de quoi ?) sont en projet sur la côte Nord-Est de la Chine. Et on se rend compte tout à coup que le véritable objectif de Moon est ce qu'il a toujours été : la Corée du Nord. Il a fallu de nombreux détours par le Japon, les Etats-Unis et le reste du monde, mais, à 71 ans, Moon croit toucher au but. Selon le " Rev. " Kwak Chung Hwan (très proche de Moon lui aussi, chef des missions à l'étranger, mais aussi PDG de presse: du Segye llbo, nouveau journal de Moon à Séoul), il y aurait déjà en Chine dix missionnaires moonistes et plus de 1.000 adeptes. Le prosélytisme vise le Nord-Est de la Chine (le Heilongjiang, ex-Mandchourie, limitrophe de la Corée du Nord) où existe une importante population d'origine coréenne. Moon y a fondé une école d'ingénieurs, inaugurée en 1987.
Selon Clifford, Moon ne veut pas rater le coche pour la Corée du Nord quand le régime communiste s'écroulera. Les dirigeants moonistes coréens " ne pensent qu'à Pyongyang " : Moon veut y organiser sa prochaine Conférence Mondiale des Médias (la dernière a eu lieu à Moscou en 1990) - et cela, en échange d'une aide financière. Kwak assure avoir déjà trois missionnaires en Corée du Nord. Pourquoi pas - et pourquoi pas plus ? Or, Moon pense que Moscou et Beijing ont les moyens de faire pression sur Kim II Sung - ou ses successeurs.
" Et Dieu dans tout ça ?" Il est le moyen pour cette fin. C'est bien le dévouement total à celui qu'ils croient être le Messie (et la dernière chance pour le salut de l'humanité et la victoire de Dieu sur Satan) qui est, en définitive, la source des investissements de Moon, officiellement du moins. (De méchantes langues, en Corée et au Japon, se posent des questions sur des financements occultes mais plus banals, Mais tout est mystère.)
Et, finalement, ce petit industriel coréen dont les affaires
ne sont guère brillantes nous intéresserait peu ; qu'il croie
infléchir les événements politiques dans le monde
à coups de centaines de millions de dollars - ce serait plus intéressant
si c'était autre chose qu'une illusion (quant au résultat).
Il ne nous intéresse que parce qu'il a réussi à enrôler
et exploiter à un degré inconnu jusqu'ici ceux qui lui procurent
les moyens de ses entreprises, comme jamais aucun " exploiteur capitaliste
" n'a réussi à le faire. Tous ces volontaires, en plus, l'adorent,
ne sauraient vivre sans lui et procréent des enfants pour le servir
après eux. Cela, oui, c'est extraordinaire, - et c'est le drame.
Société | Chiffres d'affaires | Bilan |
Hankuk Titanium | 35.5 | 3.9 |
II Heung | 18.1 | -6.1 |
Tong II Co. | 173.8 | -24.9 |
Cho Jong Mineral Water | 6.9 | -0.5 |
II Hwa | 139.2 | -16.9 |
II Shin Stone | 21.2 | 1.0 |
Se Jin | 10.2 | 0.6 |
Sung Shin Investment | 1.0 | 0.6 |
Segye Iibo | 13.2 | -34.9 |
II SUNG Construction | 43.0 | 1.5 |
Quatre Japonais siègent au Conseil d'Administration, Olivier Giscard d'Estaing, frère de l'ex-Président de la République, restant PDG.
Le Trianon-Palace continuait à être en déficit de 4 à 5 millions de francs par an. Les " businessmen moonistes de Tokyo " (à tout le moins, ce sont des amis et associés de Moon) espèrent augmenter les recettes en rajeunissant le palace et en lui ajoutant, dans un bâtiment neuf, un centre de congrès. Plus, pour l'agrément des congressistes et " séminaristes ", un ensemble de balnéothérapie ("Spa") avec remise en forme, rajeunissement et beauté du visage et du corps, technique Zen.., si l'on en croit la lettre adressée par le directeur, A.J. Ruault, aux clients espérés, spécialement les grandes entreprises. Selon cette lettre, plus de 300 millions de francs auront été investis.
Une ombre au tableau dont ne parle pas M. le Directeur : le Trianon-Palace étant limitrophe du Parc de Versailles, monument historique, il a fallu demander l'autorisation du Ministère de la Culture, accordée sans problèmes par François Léotard en février 88. Le permis de construire accordé par le Maire n'autorisait qu'une hauteur maximale de huit mètres pour les nouveaux bâtiments - or, les nouveaux propriétaires en veulent treize. Et ils les ont construits. Plaintes des voisins : une modification du permis de construire est demandée au Maire. Le Conseil municipal de Versailles doit être consulté le 28 juin. Si le Conseil refuse, M. le Maire exigera-t-il la démolition de cet étage illégal ?
Or, au début de cette année, Bo Hi Pak, bras droit de Moon, avait été rappelé en Asie par son maître. Lors de la réception d'adieux, il avait annoncé qu'il quittait le journal de Moon, le Washington Times, pour superviser l'opération " gargantuesque ", (selon Jack Shafer dans le City Paper de Washington du l0 mai 91) de Panda en Chine. Il semble n'être arrivé que pour constater le fiasco - ou la nécessité de nouveaux investissements gargantuesque que M. Moon ne peut à l'évidence pas assurer.
Mais le plus intéressant est que la " dimension proprement économique de ce mouvement " n'est plus niée ou minimisée, mais au contraire mise en valeur. Dès ses débuts (en France, par exemple), l'organisation se présentait à la fois comme un tout petit groupe, pauvre et non dangereux et, à d'autres moments, comme une grande puissance internationale, y compris économique, selon qu'il s'agissait de désarmer des critiques ou au contraire de les intimider. La situation financière exacte, à ce jour (octobre 91) de l'organisation n'est toujours pas connue avec certitude. Elle traverse des remous, mais quel est son avenir, même immédiat ? La documentation que M. Ladouce propose à ses correspondants de la presse économique risque de ne pas donner une image bien exacte.
Gordon L. Anderson, secrétaire général de l'" Académie ", membre de la " secte de Moon ", a assuré que le groupe était indépendant de Moon, qu'il respecterait les libertés universitaires, tout en contrôlant l'Administration. En dehors d'un accord limité avec une Université de l'ex-URSS, l'Université de Bridgeport serait la première à être affiliée à l'" Académie des Professeurs ".
Selon Tyler O. Hendrick, vice-président de l'" Église de l'Unification " (" secte Moon ") en Amérique, l'" Académie de Professeurs pour la Paix Mondiale " est administrée par des moonistes et financée pour 90 % par la secte. Ses bureaux sont situés dans l'immeuble de l'" Église ", dans la 43ème rue à New York. Elle serait cependant totalement indépendante de cette " Eglise ". L'inquiétude suscitée par la tentative de prise de contrôle de l'Université de Bridgeport serait due au manque d'information, au fanatisme religieux et au racisme.
Le 3 octobre, quelques heures avant que le Conseil d'Administration passe au vote sur la proposition mooniste, six cars pleins de fidèles, pour la plupart des Coréens d'un certain âge, ne parlant pas anglais, sont arrivés sur le campus. 250 personnes se sont installées sur le gazon pour un pique-nique de nourritures coréennes. Gordon Anderson a expliqué qu'il s'agissait de " montrer le genre de personnes qui enverraient leurs enfants à l'Université " si l'association se concrétisait.
Cela n'a pas suffi, et le Conseil a rejeté l'offre d'achat, après avoir réfléchi jusqu'au 21 octobre.
La situation de l'Université de Bridgeport reste difficile. A la suite de cette affaire, la Présidente de l'Université a démissionné.
En dépit de rumeurs contraires, M. Moon semble avoir encore un peu d'argent - ou l'espoir d'en trouver.
(The New York Times, 3/1O/91 ; The New Haven Register, 20/09 et 13/11/91 ; The Bridgeport Post, 4 au 24/1O/91 et autres).
(Suite de cette affaire en 1992).
Mais lors d'un dîner dans les locaux du Washington Times, auquel Moon avait convié quelque 200 employés et journalistes du journal le 22 juillet 91, M. Moon (qui voulait présenter le nouveau Président de la Washington Times Corporation, M. Young Whi Kim) a tordu le cou au mythe entretenu depuis des années, selon lequel le journal aurait appartenu à " des entreprises proches de l'Eglise de l'Unification ".
M. Moon a déclaré ce soir-là qu'il avait déversé 830 millions de dollars dans ses publications aux États-Unis (Washington Times, Insight, World & I, etc.) et s'est vanté de récolter 7 millions de dollars par mois pour continuer de faire tourner le Washington Times: un terrible fardeau, dit-il, mais qu'il était content de porter.
Dans son style habituel, Moon s'est comparé au carburant qui fait marcher le navire. Mais je peux fermer le robinet à n'importe quel moment, a-t-il ajouté, " Pourquoi suis-je persécuté par les autorités en Corée, au Japon, aux États-Unis ? " a-t-il demandé, " Parce que nous réussissons dans notre mission ". Mais, a-t-il ajouté, le journal pourrait mieux faire. Il a annoncé un " jour nouveau " au Washington Times, où le journal contribuerait à la régénération morale de l'Amérique - balayant la drogue, le crime et l'homosexualité.
L'interprète était le Colonel Bo Hi Pak, que dans son enthousiasme, Moon tirait par sa cravate. On espère que la traduction n'en a pas souffert. (The City Paper, Washington DC 2/8/91. Les propos de Moon lors de ce dîner ont été relatés par l'Associated Press et le Washington Post dans la rubrique financière).
Notons qu'après sa lettre aux journaux économiques et financiers français, Laurent Ladouce a reconnu formellement, lors d'une émission sur TF1 " En quête de vérité ", le 18/12/91) que son Eglise était une puissance économique et politique : c'est nécessaire si l'on veut réaliser le Royaume de Dieu sur terre. C'était le secret de Polichinelle; mais c'est tellement plus simple de le dire! (Jésus-Christ n'a jamais rien possédé - mais a recommandé de payer l'impôt au pouvoir civil).
Mais Moon est tenace. Il a renouvelé son offre au printemps de 1992 ; l'Université n'ayant pas trouvé l'argent nécessaire, a finalement accepté l'offre de Moon : 20 millions de dollars tout de suite pour payer les dettes, et 30 millions supplémentaires dans les années à venir. " II n'y avait pas d'autre solution " a dit le Président du Conseil d'Administration. (25 avril 1992).
L'émotion a été considérable, et la presse locale, régionale et nationale (New York Times, Washington Post) a commenté abondamment cette décision. Le Washington Times (financé par Moon), annonçant la nouvelle (31 mai 1992), ne tente plus de présenter l'" Académie des Professeurs pour la Paix Mondiale " comme un organisme indépendant, mais l'appelle " la branche universitaire de l'Église de l'Unification, basée à New York " - elle " reçoit 90% de son financement de l'Église ". Bien que les nouveaux patrons aient obtenu le contrôle du Conseil d'Administration, ils ont promis (selon le Washington Times) une " pleine liberté universitaire ".
Certains pensent que c'est une illusion, d'autres que les dirigeants moonistes seront obligés de rester discrets, faisant remarquer que d'autres religions ont des Universités (catholiques, baptistes, etc.) sans que la religion intervienne dans le contenu des programmes et des enseignements.
Un commentaire fort intéressant vient d'un " consultant universitaire de la 'Fondation religieuse internationale' et de ses prédécesseurs de 1978 à 1989 " (autre branche de l'Église de l'Unification), Richard Quebedeaux. Dans une lettre au New York Times, publiée par ce journal le 13 juin 1992, il estime que le problème n'est pas de savoir si l'Université de Bridgeport restera maîtresse du contenu de son enseignement, mais bien si l'argent promis arrivera jamais. " Depuis le milieu des années 70 jusqu'à la fin des années 80, l'Église de l'Unification a été excessivement prospère, capable d'acquérir des biens immobiliers impressionnants, de fonder des entreprises (dont la plupart, aussi bien aux États-Unis qu'en Corée, ont perdu de vastes sommes d'argent) et d'établir des institutions aussi coûteuses que le Washington Times, le mensuel The World & I (700 pages), la Fondation Religieuse Internationale, l'Académie des Professeurs et le Club du Sommet (formé d'anciens et actuels chefs d'État et autres personnages influents).
Tout cela a été payé par des filiales de l'Église de l'Unification au Japon, au moyen d'une stratégie de collecte de fonds ingénieuse, bien que critiquable; à son apogée, elle rapportait de 500 à 570 millions de $ par an..., " Mais à la fin des années 80, cette technique a rencontré de sérieuses difficultés... et au cours de ces dernières années, l'Eglise n'a gagné au Japon qu'un dixième ou un vingtième de ces sommes ". (Voir "En quête de vérité" sur Moon et les moonistes).
Au Japon et en Corée, le " N° 1 " est souvent protégé des mauvaises nouvelles par ses subordonnés, et ceux qui sont au-dessous de lui lui mentent. Il a fallu beaucoup de temps avant que M. Moon (et d'autres) s'aperçoivent de la dimension des pertes subies par l'Église de l'Unification au Japon. Maintenant il le sait, mais il continue à faire des projets et prendre des engagements financiers sans autre garantie que sa foi - envers Kim Il Sung en Corée du Nord, parmi d'autres. M. Moon peut bien être un bon chef religieux avec des idéaux élevés, mais il a montré aussi qu'il était un piètre homme d'affaires. Aussi, à moins d'un miracle, le renflouement de l'Université de Bridgeport pourrait bien n'être que provisoire ".
Même son de cloche dans le mensuel japonais Bungeishunjun mai 1992 (" Que se passe-t-il dans la secte Moon ? ", par Arita Yoshio, pages 174 à 183): " En Corée du Sud, le déficit cumulé d'Ii Wha, la société mooniste la plus connue, qui vend du ginseng et des boissons, atteint des records. Les journaux coréens parlent d'une possible faillite de Moon. ... Une des causes de ces difficultés est la dépression en Corée. De plus, au cours de ces dernières années, et surtout après 1987, le Japon a fourni beaucoup moins d'argent qu'auparavant. Cela est confirmé par plusieurs cadres de banques coréennes qui désirent garder l'anonymat... En fait, les affaires de Moon au Japon ne marchent plus. Au lieu d'encaisser des bénéfices, la secte fait face à des remboursements aux banques à qui elle a demandé des prêts au nom de ses adeptes ".
L'opération multimédia de Moon avait commencé de manière très ambitieuse. Jonathan Park (fils de Bo Hi-Pak, proche collaborateur de Moon depuis quarante ans), avait été mis à la tête de tout un réseau de sociétés-écrans destinées à masquer les liens avec l'église de l'unification, telles que Atlantic Video, Concept Communications, Pyramid Video, Inc., Potomac Television communications, Inc. Concept Communications a même, un certain temps, contrôlé une filiale à la Maison-Blanche, et avait l'exclusivité de la fourniture d'équipements et de l'accès au satellite des journalistes étrangers basés au Club National de la presse à Washington. On trouve dans ces sociétés des moonistes de longue date. Dan Holdgriewe, par exemple, vice-président de Concept Communications, confirme que Newslink est défunt et qu'il n'existe pas d'actifs permettant d'éponger les dettes. Jonathan Park, lui, a quitté la direction de Concept Communications et d'Atlantic Video, et a disparu.
D'autre part, une société californienne, Nostalgia Network (" réseau nostalgie ") a déposé plainte contre les dirigeants d'une douzaine de sociétés liées à l'organisation Moon, dont Park et Holdgriewe. Ils auraient tenté de s'emparer de Nostalgia au moyen de sociétés-écrans.
La maison d'éditions mooniste à New York, Paragon House (" maison parangon ", ou " modèle " a, elle aussi, cessé ses activités. Le Washington Times, bateau-phare de l'empire médiatique de Moon aux États-Unis, continue de paraître, mais a considérablement réduit ses frais, et d'abord son personnel. Il en va de même pour d'autres publications. (Résumé d'un article du Washington City Paper, 1er octobre 1993).
Rappelons que la société mooniste Tong II (Corée) fabrique déjà le fusil d'assaut M16, sous licence américaine. Saeilo, autre Société mooniste coréenne, a des filiales à l'étranger (Allemagne).
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